Cuba_troc_rhum

A Cuba, "Tous les chemins mènent au rhum". 

Mais de là à puiser dans un tonneau pour éponger ses dettes…seul Johnny Walker aurait franchi le pas. 

Et pourtant !

Mettons fin aux rumeurs et décapsulons les faits.

Cuba est à court de liquidités. 

Redevable d'une somme de 276 millions $ depuis la guerre froide, La Havanne a proposé à Prague une alternative soluble pour s'aquitter de son bû.

Plutôt que d'envoyer un tchèque en blanc, Cuba suggère de payer en liquide. Avec du rhum !

Une transaction inédite qui relève du rhum arrangé.

En tout cas, c'est une preuve que Cuba sait rester Fidel à ses engagements. Reste maintenant à adapter la devise du Che : Hasta la Sangria siempre

Certes les Cubains auraient pu aussi proposer des cigares … juste pour le plaisir de voir leurs dettes partir en fumée.

Finallement, ce sont 23 millions de bouteilles de rhum qui devraient quitter l'île au printemps pour Prague.

Sur le parking à ciel ouvert de la dette internationale, d'autres pays campent pour négocier leurs découverts.

Prenons l'exemple du Portugal. 

En 2014, le FMI presse son débiteur de faire une cure d'austérité. 

En cessation de crémant, le Porto semble tout indiqué pour assècher sa dette. Mais não.

Aveuglés par l'urgence, ils décident de vendre des Miro ! 

85 oeuvres exactement. Estimation : 35 millions €. Tollé général.

Du coup, le gouverment portugais recadre et son projet et ses tableaux qui resteront au pays.   

Et si la France était affectée, quelles alternatives pour Bercy ?

La République pourrait céder les joyaux de la Couronne. La vente de la Joconde rapporterait  ainsi 1 milliard d'euros. Pas sûr que ça la fasse sourire.

Selon l'endettement, pas sûr non plus que cela suffise. On pourrait faire l'appoint en vendant Nabila ……

Aux US, une ville un peu à l 'étroit avec ses finances s'est mise au régime sec (contrairement à Cuba).

A Detroit, la salle du conseil municipal c'est un peu la Foire du Troc. Pour combler son déficit vertigineux (18 mds $), le maire regarde vers son zoo et vers les sommets. A 80 000 $ la girafe, il envisage sérieusement de toucher ces droits d'hauteur pour éviter le précipice.

Les peintres du Detroit Institute of Arts sont mis à contribution autant que les administrés. Malgré des bleus à l'âme, une nature morte de Picasso (1938) pourrait soulager le budget municipal. Un Van Gogh également. Malheureusement pas les Champs de Blé, ce qui aurait résolu le problème, mais un autoportrait de 1887.   

Quoiqu'il en soit, l'édile sait déjà que le passage du Détroit sera très délicat. 

 

Au vu de ces exemples, je songe sérieusement à rembourser le crédit de ma Volveau avec des côtes d'agneau.

Demain, emprunt d'un certain optimisme  je vais en parler à ma banquière. Comme la Joconde, pas sur que ça la fasse sourire.

Si elle refuse, je lui offrirai une bière, histoire de jongler entre le taux d'alcool et le taux d'intérêt… 

 

 

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