Mur tacos briques

Juin 1963, Berlin. "Ich bin ein Berliner " résonne contre la Porte de Brandebourg. 

Novembre 2016, Phoenix. "Yo no soy mexicano" résonne contre un mur.

JFK séduit, Donald aboie, chacun son karma !  

Avec son nouveau projet immobilier, Trump veut mettre le gouvernement mexicain au pied du mur et le faire passer à la caisse. 

Oui mais voilà, le plan d'occupation des sols reste en friche.

La Grande Muraille s'échine à ne pas s'élever. 

Quid ?

Le chantier du "Nouveau Mexique" prend du retard en effet.

Négociation âpre avec le Congrès, problème de financement, le Maître du Monde se révèle un piètre Maître d'oeuvre.

C 'était aussi comme ça quand il a construit sa Barack ?

Proche des lamentations, Trump vient pourtant de donner un coup de fouet, non pas aux clandestins, mais à son projet.

Il a franchi une étape cruciale au printemps : le lancement de la pelle d'offre. Mais ce fût laborieux.

Et oui, avant que les camions déchargent, il faut remplir le cahier des charges.

Les contraintes sont légions : le mur doit mesurer 9 mètres de hauteur, être infranchissable et doit être agréable à regarder …du côté américain !

Des obligations visiblement pas si évidentes …

Les questions des candidats auprès de l'administration ont afflué plus massivement que les migrants. 

L'enjeu est pyramidal. Un marché de 20 mds de $.

Trump promet aux mexicains une marche à l'ombre du soleil yankee de plus de 2 000 kms.

Pour le trajet, vaut mieux prendre un uber ou un tacos !        

 

Face à ce projet controversé, un autre problème se pose pour les candidats potentiels  …

Quelle position adopter pour une multinationale du BTP ?

La verticale, me direz-vous ? Pas si simple !

Outre le coût des matériaux, il y aussi un coût "citoyen".

Lafarge en a fait les frais … 

Le marchand de sable franco-suisse a été évincé de Paris Plage par le Conseil de Paris (mars 2017) .

Il était intéressé par l'appel d'offre américain et voulait voir le mur de plus près. De trop près visiblement !  

Les élus parisiens lui ont signifié qu'ils se passeraient désormais de ses chateaux de sable.

Double peine pour Lafarge : les sociétés choisies en septembre pour construire un protype du mur sont exclusivement américaines.

Le destin est parfois truelle.

Côté Mairie, il se murmure que pas une larme n'a été versée sur cette histoire de sables émouvants.

En tout cas, avec ou sans Lafarge, Trump poursuit les clandestins et le mur, son bonhomme de chemin. 

 

D'autres projets mûrement réfléchis seraient à l'étude dans l'algéco présidentiel.

Donald songerait par exemple à bloquer les abonnements téléphoniques des clandestins …. 

C'est quand le prochain Apple d'offre ?

 

  

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